Motricité fine : Des perles par étape

 

 

 

 

 

Une proposition de séquençage pour les enfants découvrant ou ayant des difficultés à enfiler des perles.

Les perles, c'est un peu l'activité par excellence reprise par les parents. Que ce soit chez les plus jeunes ou chez les plus grands dyspraxiques, quand on parle des activités à la maison, presque tout le monde me parle des perles. Soit parce qu'ils en font, soit parce que l'enfant fait un rejet de l'activité. Et généralement ce rejet, c'est parce que l'activité est frustrante et que "c'est trop compliqué".

Au cabinet j'étais hésitante face à ce support. D'un côté avec un minimum de matériel on peut travailler plein de choses : Coordinations bimanuelles, coordination visuo-manuelles, prise d'information sensorielles, tonus, impulsivité... sans compter les possibilités que cela ouvre en activité de planification, reproduction de modèle...

D'un autre côté enfiler des perles lorsque c'est compliqué, c'est particulièrement insupportable comme activité (et si c'est facile ça ne sert à rien).

Ces temps-ci Mademoiselle S., 22 mois, a vraiment envie de s'y mettre. Mais vu qu'elle n'y arrive pas, dans les 2 minutes les perles volent dans la pièce. Alors il a fallu trouver une solution. Comme toute activité, lorsqu'elle est complexe, on décompose en étapes atteignables afin que l'enfant ne soit pas en échec et qu'il persévère dans ses efforts. Voici une idée de séquençage de l'apprentissage des perles.


Etape 1 :

Ici nous sommes juste au dessus du niveau des abaques. L'idée est de planter une baguette (ici chinoise) dans une boule de pâte à modeler. (Vous pouvez aussi utiliser des pics à brochettes mais il faut penser à écraser le bout piquant, ou des mikado).

Le but est de soulager l'enfant au niveau des coordinations bimanuelles (on l'encourage à tenir sa baguette mais s'il lâche ce n'est pas grave). La baguette ne "plie" pas comme le fil, l'emplacement des doigts est aussi à encourager mais n'est pas source d’échec. Enfin, il n'y a qu'a laisser tomber la perle. La compétence principale travaillée est donc les coordinations visuo-manuelles

Etape 2 :

Lorsque l'enfant a gagné en aisance avec les coordinations visuo-manuelle, on peut augmenter la contrainte des coordinations bimanuelles. Il suffit de retirer le support de pâte à modeler. L'enfant doit tenir fermement sa baguette, mais la prise peut encore rester grossière et l'éloignement de la main par rapport à l'extrémité rajoute de la difficulté mais ne met pas en échec. L'enfant peut donc se concentrer sur ces coordinations.

Etape 3 :

Maintenant que l'enfant se débrouille au niveau des coordinations visuo-manuelles et bimanuelles nous pouvons changer de support pour du matériel plus souple afin de commencer à affiner la motricité digitale  (Ici une "chenille" en fil de fer). L'enfant va devoir être un peu plus précis, il ne peux plus passer en force (sinon cela plie) et la position des doigts va commencer à devenir importante. Il  va devoir les rapprocher de l'extrémité pour que la chenille ne se plie pas en deux. De plus il va commencer à devoir mobiliser ses doigts pour que l'orientation soit plus juste (mais la "rigidité" du fil de fer permet encore une approche approximative).

Etape 4 :

Ca y est, le geste est là, l'enfant a gagné en précision et en ajustement. Nous pouvons passer au lacet. Dans un premier temps prenez un lacet avec un bout rigide, cela facilite l'exercice et rappelle à l'enfant à quel niveau il va devoir mettre ses doigts. Il va pouvoir finir d'affiner son geste et sa maitrise digitale. Il va également pouvoir travailler le réajustement de son mouvement en fonction du comportement du fil. Et si ça c'est acquis, à vous les cordes, fils, lanières, rubans... Pour des activités créatives et artistiques beaucoup plus motivantes qu'enfiler et retirer des perles !


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