Et si on remplaçait les "si tu..." par des "dès que tu..." ?

 

 

 

 

 

 

Des petits détails langagiers qui font toute la différence

Combien de fois a-ton entendu un parent (nous même) pressé, fatigué, dépassé par une situation dire "si tu fais ça, tu auras ça". Les premières fois on culpabilise et c'est un peu honteux qu'on marmonne notre troc. Le risque étant qu'avec le temps et la répétition des situations ces échanges deviennent naturels dans nos stratégies éducatives.

 

Plus grave : Ce "si tu... alors tu auras..." est souvent utilisé à tord dans les approches comportementalistes, l'erreur venant d'une compréhension trop simpliste des principes.

Développons un peu le sujet :


C'est quoi le problème ?

Tout d'abord, ni stress ni culpabilité si vous avez cette fameuse phrase dans votre valise de solutions. Il n'y a rien de catastrophique, l'idée est de peaufiner les détails de la bienveillance pour ceux qui en ont envie. Et si vous êtes convaincus à la fin de cet article, il n'est jamais trop tard pour commencer. En quoi est-ce problématique ?

  • Notre rôle en tant que parents et d'amener nos enfants vers l'autonomie et un épanouissement personnel (quelle que soit leur définition). L'idée est donc que l'enfant fasse de lui même, pour lui même, et qu'il ne prenne pas l'habitude de faire pour obtenir quelque chose. Lorsque l'enfant fait quelque chose pour obtenir une récompense on parle de "motivation extrinsèque". Cela nous offre un répit sur le moment mais cela n'a d'effet qu'à court terme. L'enfant n'apprend pas à faire pour lui même (motivation intrinsèque) et la situation risque de se reproduire en boucle.
  • Il y a également un risque que ce rapport action/récompense tombe du côté action/punition. C'est à dire que l'on passe de "si tu manges bien pendant le repas on lira une histoire tous les deux" à "si tu ne finis pas ton assiette tu n'auras pas de dessert/on n'aura pas le temps de lire l'histoire". Avec tous les sentiments négatifs que cela peut entraîner. 

C'est quoi la solution ?

Il y en a pleins, différentes en fonction des situations, plus ou moins facile à mettre en place (choix, réflexion, détournement)... Mais déjà nous pouvons nous entraîner à une petite gymnastique de langage en remplaçant les "si tu..." par "dès que tu auras".


D'accord, mais ça change quoi ?

  • Tout d'abord, cela permet de replacer l'action dans une séquence temporelle pour que l'enfant ait une motivation à finir. "Dès que tu auras fini de manger nous irons regarder un livre". L'enfant ne "gagne" pas le faire de lire un livre, c'est de toute façon ce qui vient après le repas pour lui. Il a part contre une motivation à finir ce qui est en cours.
  • Cela permet de se décentrer des conflits et de ne pas entrer dans un rapport de force. Au delà de nos convictions éducatives, certains enfants peuvent se braquer face à un rapport du type "si tu ne fait pas ça...". Ils se retrouvent alors sans issu de sortie au conflit et se braquent d'autant plus qu'on insiste. Le "dès que tu..." permet de nous sortir de ce rôle en énonçant simplement une situation. "Dès que tu auras rangé ta chambre tu me préviens pour qu'on puisse aller jouer au ballon".
  • Cela évite de tomber dans la menace et la punition. Le "dès que tu..." aboutit à un élément positif. Difficile de transformer un "dès que tu auras goûté tes haricots tu pourras choisir ton yaourt" en "dès que tu n'auras pas goûté...". 
  • Le "si tu fais..." sous entend la possibilité d'un échec et que l'enfant ne fasse pas. Le "dès que tu..." place l'enfant dans la réussite. On croit en lui et on sait qu'il va y arriver !
  • Et nos comportementalistes dans tout ça ? Pas d'inquiétude pour les adeptes de ce courant. Contrairement à ce que certains pensent il se s'agit pas d'échanger des comportements contre des récompenses, mais de renforcer un comportement (d'augmenter ses chances de survenue) en l'associant à une conséquence positive. Ce qui veut dire qu'un "dès que tu auras mis tes chaussures nous irons jouet au parc" ça marche aussi. Sauvés !

Quelques exemples ?

  • Dès que tu te seras brossé les dents on ira faire des grimaces devant le miroir pour voir si elles sont bien propres !
  • Dès que tu seras en pyjama on ira faire un super câlin !
  • Dès que tu auras mis ton manteau tu iras ouvrir la voiture !
  • Dès que tu auras retrouvé ton calme tu pourras m'aider à choisir les fruits/les légumes/les yaourts...

Voici donc quelques pistes de réflexions, nous aborderons d'autres stratégies pour éviter le chantage au quotidien par la suite si le sujet vous intéresse. Alors qui se lance avec moi dans cette gymnastique langagière ? Vous avez des exemples à ajouter ?


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